Déplombage

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DANGEROSITÉ DU PLOMB

Vous allez travailler dans un immeuble ancien, pour le réhabiliter ou pour enlever les anciennes peintures. La raison de ces travaux n’est pas seulement de rendre l’immeuble plus beau, mais aussi d’en éliminer le plomb.

Le plomb est un métal facile à travailler, en feuilles, en tuyaux, pour des soudures. De plus, il forme des composés intéressants par diverses propriétés, longtemps utilisés dans les enduits antirouille (minium) et dans les peintures.

Même si ces utilisations du plomb par des salariés dans les travaux de peinture sont pour la plupart interdites depuis 1948 (art. R 4412-161 Code du Travail), on en rencontre dans des immeubles anciens, des ateliers ou des bureaux et, le plus souvent, dans des immeubles d’habitation.

On peut aussi en rencontrer dans des immeubles plus récents que datant de 1948, car la mise en vente de ces produits n’a été totalement interdite qu’en 1993. Aussi des particuliers pouvaient-ils, bien après l’interdiction pour les professionnels, en faire encore usage.

Il faut savoir en outre que le plomb reste utilisé dans certains procédés industriels.

Qu’il soit sous sa forme métallique ou en composés invisibles dans les peintures et enduits et autres produits de tous ordres (batteries de voiture, essence au plomb, etc.), le plomb est très dangereux. S’il est absorbé, par la bouche ou par la respiration, en poussières ou en vapeurs dispersées dans l’atmosphère, il provoque de graves intoxications.

Le plomb qui parvient dans l’organisme passe en partie dans le sang. Il est ensuite stocké par l’organisme, notamment dans les os dont il peut ressortir pour passer à nouveau par le sang. Du sang, il passe dans le système nerveux (cerveau, moelle épinière, nerfs). Ce qui ne passe pas dans le sang est éliminé dans l’urine et les selles.

Chez l’adulte, les intoxications se traduisent principalement par :

Des accès aigus, peu durables mais parfois violents, de type :

  • Anémie, sans qu’il y ait manque de fer,
  • Douleurs abdominales sévères sans fièvre (coliques de plomb),
  • Accès d’hypertension, encéphalopathies (hallucinations, confusion, agitation, délire, convulsions,…)

Des problèmes chroniques, qui sont installés dans la durée :

  • Troubles neurologiques (abaissement des capacités intellectuelles, ralentissement général, difficulté à marcher dans l’obscurité…),
  • Perte d’audition (on devient dur d’oreille),
  • Hypertension chronique,
  • Insuffisance rénale (néphropathies),
  • Baisse de la fertilité masculine,
  • Neuropathies (perte de sensibilité, fourmillements, crampes dans les mains ou l’ensemble des membres, fonte musculaire, paralysie…),
  • Encéphalopathies (ralentissement des idées, troubles de la mémoire, perte d’habileté manuelle,…)

Le plomb est classé comme toxique pour la reproduction, avec certitude (catégorie 1). Ce risque se manifeste aussi bien chez la femme exposée elle-même que chez les femmes ayant un conjoint ou un compagnon exposé au plomb ; chez ces femmes le nombre d’avortements spontanés est supérieur à la moyenne générale.

De plus, après avoir été soupçonnés d’être en cause dans certains cancers, un grand nombre de composés du plomb, et le plomb métallique, sont maintenant classés par le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) comme possibles ou probables sources de cancers, notamment de l’estomac, des poumons, mais aussi des bronches, des reins ou même d’autres organes (Monographie n° 87, publiée en 2006).

Selon la classification européenne, qui s’applique en France, le plomb et la plupart de ses composés sont classés en catégorie 3.

Classification des produits cancérogènes :

Les catégories de produits cancérogènes sont définies ainsi (art. R 4411-6 Code du Travail) :

  • Catégorie 1 : substances et préparations que l’on sait être cancérogènes pour l’Homme,
  • Catégorie 2 : substances et préparations pour lesquelles il existe une forte présomption que l’exposition de l’Homme à de telles substances et préparation peut provoquer un cancer ou en augmenter la fréquence,
  • Catégorie 3 : substances et préparations préoccupantes pour l’Homme en raison d’effets cancérogènes possibles, mais pour lesquelles les informations disponibles sont insuffisantes pour classer ces substances et préparations dans la catégorie 2.

Chez la femme enceinte, l’exposition au plomb entraîne des risques d’avortement spontané, de naissance prématurée, de poids faible du bébé à la naissance, de troubles psychomoteurs de l’enfant.

Durant la grossesse, le plomb passe la barrière placentaire et intoxique le fœtus.

Le plomb contenu par l’organisme de la mère passe aussi dans le lait, et si elle allaite, son bébé sera intoxiqué.

Chez l’enfant, la proportion de plomb absorbé qui passe dans le sang (50%) est très supérieure à celle qui passe dans celui des adultes (10 %). De plus, le système nerveux des enfants est en développement ; aussi est-il beaucoup plus fragile que celui des adultes. Les conséquences des intoxications sont donc beaucoup plus graves encore, et souvent irréversibles : retard de croissance, perturbation du métabolisme de la vitamine D, indispensable à la formation et à la croissance des os ; retard intellectuel, troubles du langage, troubles du comportement (agitation ou au contraire grande lenteur et somnolence), atteinte des reins ; perturbation de la marche qui peut être déséquilibrée ; manque d’habileté manuelle, handicaps psychomoteurs plus ou moins sévères…

Voilà pourquoi il faut absolument éliminer le plomb des immeubles, en particuliers des immeubles d’habitation.

La loi a maintenant pris en compte ce risque. Lors de la vente d’un immeuble ou d’un appartement, construit avant le 1er janvier 1949 ou lors de la conclusion d’un contrat de location d’un tel logement, la recherche de plomb est obligatoire : des travaux doivent être entrepris si du plomb est présent dans des conditions décrites dans les articles L 1334-2 à 1334-10 du Code de la Santé Publique.

De plus, s’il apparaît qu’un enfant est intoxiqué par le plomb, le médecin en informe le préfet (en pratique la DDASS). Une enquête doit être alors menée pour déterminer s’il faut faire des travaux. Le préfet doit informer les familles et peut imposer les travaux au propriétaire (art. L 1334-1 et 1334-2 Code de la Santé Publique).

SUPPORTS CONCERNÉS  

  • Le plâtre (murs, plafonds)
  • Le bois (menuiserie)
  • Le métal (garde-corps, charpente, main courante etc.)

TECHNIQUES DE RETRAIT DU PLOMB

  • Décapage mécanique avec un outil de ponçage spécifique ou par projection de granulats avec confinement de la zone de travail. 
  • Décapage thermique avec un outillage adapté incluant la fonction aspiration de fumées. 
  • Décapage chimique à base de soude caustique, de potasse ou de solvant.

MISE EN OEUVRE DES OPÉRATIONS

  • Réalisation des travaux dans des locaux vides ou inoccupés et éviter toute coactivité avec d’autres corps d’états, dans la zone polluée (sas)
  • Choix d’une technique de retrait en accord avec le maître d’ouvrage, le maître d’œuvre ou l’entreprise générale, en fonction des supports concernés
  • Demande de contrôle d’empoussièrement surfacique sur le sol, avant le démarrage des travaux – Mise hors service des installations de gaz et électricité existantes, situées dans la zone de travail, susceptibles de risques pour les intervenants
  • Demande de contrôle d’empoussièrement surfacique sur le sol avant restitution des locaux aux occupants
  • Gestion des déchets pendant et après les travaux
  • Applications des consignes de sécurité des opérateurs (EPI, protocoles d’Hygiène)

PRÉPARATION DES SURFACES TRAITÉES SUR PLACE

La préparation des surfaces traitées sur place devra être effectuée avec le plus grand soin. Suivant la nature des fonds et supports, les travaux préparatoires comprendront :

Sur anciens fonds peints ou vernis lessivables, de toute nature, sauf métaux :

  • – fonds exempts de graisse : lessivage à la lessive très diluée suivi d’un rinçage à l’eau claire ;
  • – fonds gras : lessivage à l’eau additionné de potasse et, éventuellement, à l’eau chaude, suivi d’un rinçage à l’eau claire ;

Sur anciens fonds de toute nature en métaux ferreux : élimination de toutes les parties mal adhérentes et/ou écaillées ; grattage de la rouille et brossage manuel exclusivement ; ponçage manuel exclusivement et époussetage ; couche primaire inhibitrice de corrosion sur toute la surface prévue au lot peinture.

DÉPOSE SANS RÉEMPLOI D’OUVRAGES DE MENUISERIE ET DÉMOLITIONS PARTIELLES PONCTUELLES

Les travaux de déposes, sans réemploi, d’ouvrages de menuiserie (plinthes, ouvrants et huisseries de portes et fenêtres…), ainsi que les démolitions partielles et ponctuelles (piochement ponctuel d’enduit plâtre ou de maçonnerie, descellement de pattes de fixation de menuiseries…), doivent être effectués avec soin pour éviter toutes dégradations aux ouvrages contigus conservés, et surtout, limiter la production et la propagation de poussières.

TRAVAUX DE RECOUVREMENT

Après préparation des supports, les surfaces contenant de la peinture au plomb seront recouvertes par tout matériau approprié compte tenu de l’état des supports et de la durabilité souhaitée des travaux. Ces matériaux pourront être, sans que la liste soit exhaustive :

  • – Peinture ;
  • – Toile de verre ;
  • – « Placoplâtre » (BA13 hydrofuge ou non)) ;
  • – PVC souple ou rigide.

Ces opérations faiblement productrices de poussières sont considérées comme sans risque particulier lié à la présence de plomb.

Il est bien entendu que ces travaux devront être réalisés conformément aux DTU et aux règles de l’art les concernant.

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